LE ROI SOLEIL

Poème épique de Claude Ferrandeix évoquant le Roi Soleil Louis XIV à Versailles.


«Que la musique soit. Lully" faites jouer
Le mélodieux concert" d’une gaie sarabande
Pour que nous régalions" dans ce festin suprême
Les papilles et l'ouïe" de plaisirs délicats.»

Les douze grands violons" puis les violes de gambe
Font retentir en chœur" une aiguë chanterelle
Qu’humblement accompagne" une épinette grêle.
Sous les feux rutilants" d’un verrin luminaire
Le Roi-Soleil essaie" les potages et mousses
Goûte aux rôts' faisans' perdrix' sangliers et biches
Régale son palais" de suaves scorsonères
Savoure en fin gourmet" condiments comme épices.
Viennent les desserts' les pâtisseries' compotes
Coulis d’azerolier" confit d’orange acide
Les baies qu'ont dispensés" figuiers de Barbarie
Nivette velouteuse" et grenade juteuse.
Voilà bien plus de mets" qu’il n’en peut consommer.
Ces délices devront" terminer leur carrière
Dans quelque dépotoir" masqué par les guirlandes
Pourtant ne sont-ils pas" au festin nécessaires
Haussant la volupté" que l’œil peut engendrer?
Le gratuit gaspillage" onéreux' dispendieux
Ne permet-il aussi" d’augmenter la jouissance?

Pendant ce temps' non loin" miséreux' faméliques
Ventre vide et pieds nus" les croquants indigents
Sans répit harcelés" par les meutes lupines
Pour combattre leur faim" dévoraient des racines.

La Saga de l’Univers - Claude Fernandez - Éditions Sol’Air - © Éditions Sol’Air - 2007