PAYSAGE INTÉRIEUR
Dans mon esprit morose, il est un paysage.
L’on y voit un lac ceint, de lugubres cyprès.
La tendre fleur d’Attys, n’égaie point son rivage
Que peut seule envahir, l’asphodèle étiolée.
Entamant un envol, par un fébrile effort
Le cygne au gracieux col, jette un cri pathétique
Le corps percé de traits, les ailes mutilées
Tandis que l’impur flot, recouvre son plumage.
Un rossignol perdu, chante une mélopée
Qui se brise aux rochers, sans recueillir d’écho.
L’on voit un alcyon pâle, agoniser, vaincu.
Des phénix oubliés, gisent morts dans leur nid.
Le vent hivernal geint, les étoiles sanglotent
Cependant que la neige, en gris flocons descend.
La Douleur, soleil noir, impitoyable darde
Le faisceau ténébreux, de ses rayons glaciaux.