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SYMPHONIE N°2 DIMITRI KABALEVSKY KABALEVSKI Dimitri (1904-1987)ORCHESTRE Symphonie n°2 (***/***/****/****) Cette symphonie, une des plus belles à mon avis parmi les oeuvres du vingtième siècle, est caractéristique du style fortement classicisant de Kabalevski, mais aussi du nouveau style expressionniste russe qu'il a contribué à imposer avec Rachmaninov, Khatchaturian, Christoff, Novak, Constantinescu, Galynine, Taktakichvili... Dans les trois premiers mouvements, le compositeur a intégré des influences aussi contradictoires que celles de Tchaïkovski d'une part, Rimski et Stravinski d'autre part. L'influence du Groupe des Six apparaît très peu, contrairement à ce qu'il en est dans "Le printemps" ou l'"Ouverture pathétique". Par ses sonorités sourdes, étouffées, ses stridences, le mouvement évoque plus particulièrement la "Pathétique" de Tchaïkovski avec cependant une rutilance orchestrale plus prononcée. Kabalevski réalise à mon avis une utilisation magistrale de tout le spectre instrumental. Le second mouvement, plus mélodique, crée une atmosphère désolée où règne une angoisse pesante. On remarquera une reprise à mon avis sublime du thème principal aux cordes sur un ostinato de trompette. Le troisième mouvement, plus rimskien, très dense, révèle, me semble-t-il, une science inégalée des sonorités. Les registres instrumentaux s'alternent avec une grande virtuosité. L'on y retrouve, omniprésentes, les sonorités "déliquescentes" du Tchaïkovski de "Fatum et du "Voïevode" ainsi qu'un thème plus rythmé évoquant la "Fête de la semaine grasse" de "Pétrouchka" (Stravinski). C'est dans le quatrième mouvement que se révèle à mon avis le génie de Kabalevski dans toute son originalité. Le long thème développé aux cordes qui semble nous introduire dans l'antichambre de la mort est émouvant jusqu'aux larmes. Sur le plan thématique, la symphonie est traversée par un rhapsodisme puissant. On pourrait dire que toute la musique russe se trouve condensée dans cette oeuvre magnifique. |